L’intoxication par la ciguatera en Martinique: Les doctorants nous en parlent

La Collectivité Territoriale de Martinique organise la 8ème conférence des doctorants sur le thème «L’intoxication par la ciguatera en Martinique »:

Ce mercredi 16 octobre 2019 à 15h00

A l’Hôtel de l’Assemblée, salle Emile MAURICE, avenue des Caraïbes

Mieux comprendre ce type d’intoxication

En France, l’intoxication alimentaire est souvent due à l’ingestion d’aliments ou de substances contaminés par des agents pathogènes (virus, bactéries, parasites…) ou par des toxines provenant de produits chimiques ou de pesticides.

Dans les iles de la Caraïbe, il existe un type d’intoxication alimentaire appelée ciguatera qui provient des micro algues et des débris de corail que les poissons des régions tropicales ingèrent.

L’intervention de Mme Aurelie BOISNOIR, docteure en biologie marine, portera sur les microalgues toxiques à effets nocifs qui provoquent la ciguatera.

Monsieur Dabor RESIERE, praticien hospitalier au service de réanimation du CHUM, apportera par la suite son expertise clinique, notamment sur les avancées de la prise en charge de l’intoxication aigue par la ciguatera.

Il importe sans aucun doute aujourd’hui de pouvoir mieux comprendre ce type d’intoxication, souvent évoqué par la presse.

Les consommateurs des régions Caribéennes sont particulièrement invités à suivre les recommandations de spécialistes et en conséquence à prendre les précautions nécessaires.

Deux docteurs ont la parole

  • Dr Aurélie BOISNOIR, Docteure en biologie marine

Université des Antilles, Directeurs de thèse : Dr Pierre-Yves PASCAL et Dr Rodolphe LEMÉE

LA CIGUATERA DANS LES ANTILLES FRANÇAISES : RECHERCHE DE MICROALGUES TOXIQUES

Suite à l’obtention d’une Licence en Biologie des Organismes et des Écosystèmes obtenue à l’Université des Antilles, Madame Aurélie BOISNOIR a validé un Master en Environnements Marins et Océanographie à l’Université Pierre et Marie Curie pendant lequel elle a commencé à s’intéresser aux microalgues toxiques.

Les premiers résultats lui ont permis d’obtenir une bourse doctorale financée par la Collectivité afin de travailler sur les dinoflagellés toxiques via des études de
répartitions spatio-temporelles et d’écologie trophique.

Madame BOISNOIR a bénéficié d’une bourse doctorale et du premier contrat doctoral mis en place par la Collectivté. Sa thèse, dirigée par Dr Pierre-Yves PASCAL et Dr Rodolphe LEMÉE s’intitule : « Diversité, réparation et abondance des dinoflagellés benthiques toxiques dans les Antilles françaises et rôle de la méiofaune dans le transfert de leurs toxines dans les réseaux trophiques ».

Les travaux de recherche ont été réalisés dans le laboratoire de biologie marine Institut de Systématique, Évolution, Biodiversité, ISYEB, UMR 7205, Université des Antilles. Équipe Biologie de la mangrove. UFR SEN, à Pointe-à-Pitre.

Après sa soutenance de thèse en Mars 2018, elle a eu l’opportunité de travailler à l’Algal Ressources Collection à l’Université de Caroline du Nord. De retour en Martinique en janvier 2019, elle se focalise sur la mise en place d’une souchotèque à l’IFREMER des Antilles afin de procéder à l’identification morphogénétique des dinoflagellés toxiques présents dans les Antilles françaises ainsi qu’à l’identification et la caractérisation des toxines synthétisées par ces microalgues.

  • Dr Dabor RESIERE, Praticien hospitalier – Service de réanimation Médico Chirurgicale

Activité clinique partagée entre les urgences toxicologiques et la réanimation polyvalente
Responsable d’unité toxicologie clinique et toxicovigilance

L’INTOXICATION AIGUË PAR LA CIGUATERA

Monsieur Dabor RESIERE a obtenu son diplôme de l’Université autonome de Puebla au Mexique en 1995. Il a occupé des postes en Jamaïque (1992-1998) où il a été officier des blessés à l’Hôpital régional de Cornwall.

A Paris (1999-2008) il a terminé sa double spécialité : la médecine des soins intensifs ainsi que la toxicologie clinique. En 2001, il a obtenu sa certification en médecine des soins intensifs, puis deux ans plus tard en toxicologie clinique. Il a passé environ 10 ans à l’Hôpital Lariboisiere, l’unique unité de soins intensifs médicale et toxicologique de Paris, où il a commencé à s’intéresser à la toxicologie clinique.

En 2008, il a été nommé consultant intensiviste au département d’anesthésie et de médecine de soins intensifs en Martinique.

Monsieur RESIERE a également mené en collaboration avec l’Université du Costa Rica des études cliniques sur les morsures de serpent. Il travaille actuellement en
Martinique pour préparer le développement clinique d’un nouvel antivenin contre Bothrops lanceolatus.

Il a participé à plusieurs études sur les animaux venimeux, des études épidémiologiques, cliniques et thérapeutiques sur l’envenimation par morsures de serpents. Il a écrit plus de 48 articles dans des revues à comité de lecture et 100 communications dans des conférences internationales ou nationales, principalement sur la toxicologie clinique, la gestion des morsures de serpent et les soins intensifs (Congrès en 2012 : Particularités des intoxications aiguës aux Antilles : toxiques incriminés et devenir; Congrès en 2000 : Incidence et taux de mortalité des intoxications aiguës en réanimation toxicologique).

Monsieur RESIERE a ainsi passé toute sa carrière à étudier la transmission et la gestion des maladies tropicales dans le domaine de la toxicologie médicale, de la médecine d’urgence, de la médecine des soins intensifs, de l’entomologie, de la santé publique et de l’épidémiologie dans les Caraïbes et en Europe.