Congrès 2020: les Régions au coeur de l’actualité politique

Les Régions étaient au cœur de l’actualité ce lundi 19 octobre 2020 avec leur premier Congrès annuel 100% en ligne. Les Présidents ont accueilli le Premier ministre Jean Castex, la Présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde et le Président du Sénat Gérard Larcher, parmi les invités d’honneur de cette journée d’échanges sur “Les Régions,  QG de la reconstruction”.


Une journée à revivre:

en vidéo

en photo

discours de Jean Castex-PDF

discours de Renaud Muselier-PDF

discours de Valérie Pécresse-PDF

discours de Gérard Larcher-PDF


Retour sur l’événement avec Alfred Marie-Jeanne, Président du Conseil Exécutif

Je tiens à revenir sur les travaux du Congrès de Régions de France tenu ce lundi 19 octobre, parce qu’il met en lumière les réalités des territoires et l’utilité des Régions.

Tout d’abord, la présentation du résultat du sondage IPSOS qui démontre d’une part l’appréciation positive sur l’action des Régions face à la crise, et d’autre part établit l’attente de la population de nouvelles compétences pour les Régions.

En effet 59% de la population se dit satisfaits de l’action des Régions durant la crise. En revanche, l’action de l’État (24%) et de l’Union européenne (22%) suscitent des critiques voire des rejets.

45% se disent satisfaits de l’action menée pour soutenir et relancer l’activité économique et 43% de la lutte contre les conséquences sociales de l’épidémie et du confinement. A noter que l’action des Régions durant la crise sanitaire a été systématiquement mieux jugée que celle de l’État.

Ce sondage fait également ressortir et je cite, « qu’un Français sur deux estime qu’il faut aller plus loin dans la décentralisation et accorder plus de compétences aux collectivités territoriales (49%).

Pour 79% des Français, la Région est le niveau idéal pour expérimenter des mesures et des politiques publiques innovantes. 77% des personnes interrogées estiment que les Régions devraient pouvoir agir de façon très différente les unes des autres si elles le souhaitent. Et 74% d’entre elles sont d’accord ou plutôt d’accord avec le fait que la Région est l’échelon de la proximité qui mène une action publique au plus proche des citoyens. »

Aucun doute possible, aucune remise en cause pensable : les Régions, et en ce sens la CTM, sont bien les « Quartiers Généraux de la reconstruction ».

Face aux attentes des Régions réunies et unies, l’Etat par son Premier Ministre, s’est engagé à impliquer davantage les Régions dans la phase de reconstruction de l’économie. Il enverra en ce sens, cette semaine, des mandats précis aux Préfets. 

Ce qu’il faut surtout retenir c’est qu’aujourd’hui la question des compétences et de la responsabilité sont des demandes légitimes pour gérer le quotidien. Il n’y a rien d’extraordinaire dans cette démarche générale des Régions dans laquelle la Martinique s’est toujours inscrite.

Ce qui est distingué, c’est le droit à la différence ; que les besoins réels de la Martinique soient réellement pris en compte et réglés au plus près.

Un format inédit 100% digital

La 2e vague de la pandémie Covid-19  et les mesures de restriction prises à partir du 5 octobre en Île-de-France ont bouleversé l’organisation de ce Congrès 2020 des Régions: en 2 semaines, la Région Île-de-France, Régions de France et leurs prestataires techniques ont adapté l’événement. Prévue initialement pour 2.000 invités au Palais des Congrès de Paris, cette 16e édition du rendez-vous annuel des Régions s’est finalement tenue sur un format inédit 100% digital, diffusé depuis l’hémicycle Simone Veil mis à disposition par la Région Île-de-France à son siège de Saint-Ouen.

Ce passage du “présentiel” au “distanciel” a permis de toucher une audience plus large, grâce aux flux en “streaming live” sur le site de Régions de France, sur les réseaux sociaux, ainsi qu’à la retransmission en direct de la séance de l’après-midi par notre partenaire Public Sénat. Elle a aussi permis d’associer les élus et agents des 18 Régions de métropole et d’Outre-mer qui ont pu suivre les débats en visio-conférence. De leur côté, les partenaires de Régions de France ont pu s’exprimer dans des vidéos diffusées le matin et pendant la pause méridienne.

La confiance État-Régions pour la relance

Sur le plan politique, la journée a été d’abord marquée par l’échange qu’ont eu les Présidents de Région avec le Premier ministre Jean Castex. Trois semaines après la signature de l’accord de partenariat Etat-Régions  pour la relance, le Premier ministre s’est efforcé de rassurer les Présidentes et Présidents sur les modalités de mise en œuvre des actions sur le terrain, grâce à la “relation de confiance” nouée au plus haut niveau.

En réponse aux inquiétudes formulées par le Président Renaud Muselier, Jean Castex a assuré que la résurgence de l’épidémie ne mettra pas au second plan l’effort de relance, et plaidé pour une “alliance” entre l’Etat et les Régions afin “d’accroître davantage encore l’ampleur de cette relance indispensable”. “La relance ne sera ni rapide ni rigoureuse que si elle s’ancre dans les territoires au plus près des réalités de notre tissu économique”, a-t-il expliqué.

Lors de la conférence de presse des présidents, Renaud Muselier, satisfait de ce Congrès de “bonne tenue” avec notamment la participation exceptionnelle de Christine Lagarde, a salué les “réponses très concrètes, très pratiques, très pragmatiques” du Premier ministre aux Régions. Dans son discours, le Président de Régions de France a formulé les six attentes précises des Régions sur la mise en œuvre du plan:

  • l’envoi par les gouvernement des mandats aux préfets pour permettre de financer en 2021 et 2022 des projets prêts à démarrer dans les Régions;
  • la diffusion d’une circulaire sur les modalités d’association des acteurs locaux autour du couple préfet de Région/président de Région;
  • un engagement au delà de 2022 de la part de l’État sur ses investissements dans les infrastructures de transport, et notamment les petites lignes ferroviaires, dans le cadre de la nouvelle génération de contrats de plan Etat-Régions (CPER);
  • le  versement aux Régions des 600 millions d’€ de subventions d’investissement dans le cadre de la relance au titre de l’exercice 2020;
  • la mise en place par les Régions “d’équipes dédiées à l’accompagnement de l’ensemble des bénéficiaires du plan de relance”, à la place des “sous-préfets à la relance” annoncés par le gouvernement;
  • éviter de “recréer des mécanismes nationaux qui doublonnent avec ceux qui existent sur le terrain”, via les “appels à projets nationaux pilotés par les ministères”.

Les mandats de négociation transmis dans la semaine

En réponse, le Premier ministre a précisé aux Présidents qu’il transmettrait “dans la semaine” aux préfets de région les mandats de négociation des CPER et les accord de relance “pour qu’ils amorcent les négociations avec vous”. Il a aussi promis de “solder les difficultés nées de la crise sanitaire pour les autorités organisatrices de la mobilité”, à l’image des décisions prises sur Île-de-France Mobilités.

Avancer vers plus de décentralisation

Au delà de la relance, les Présidents ont insisté sur l’opportunité que représente cette crise, dans laquelle les Régions ont prouvé leur agilité et leur efficacité, pour avancer vers plus de décentralisation en France. Le sondage Ipsos présenté au Congrès par Brice Teinturier, les deux plénières de la matinée sur la gestion de la crise et la relance, a conforté leur plaidoyer girondin: près d’un Français sur deux (49%) estime qu’il faut aller plus loin dans la décentralisation et accorder plus de compétences aux collectivités territoriales, seuls 13% étant d’un avis inverse et 13% se satisfaisant de la situation actuelle.

Sur ce sujet, le Premier ministre a renvoyé les Régions à la rencontre État-collectivités du 20 octobre sur le projet de loi “3D” (déconcentration-différenciation-décentralisation) du gouvernement.


Ce Congrès était le dernier de la mandature 2015-2021 pour les Régions. L’échéance des prochaines élections régionales et départementales, et l’éventualité d’un report du scrutin de mars 2021 en raison de la Covid-19 a été évoquée par certains intervenants, et notamment par le Président du Sénat Gérard Larcher, qui s’est exprimé en début d’après-midi avec les co-fondateurs de “Territoires Unis”, François Baroin (AMF), Dominique Bussereau (ADF) et Hervé Morin.

L’intégralité de l’article à lire sur le site web de Régions de France