Colloque de lancement d’Ecodiam : Allocution d’ouverture de Claude Lise

COLLOQUE DE LANCEMENT D’ECODIAM

Allocution d’ouverture de Claude LISE, Président de l’Assemblée de Martinique

Je veux, à mon tour, vous dire tout le plaisir que j’ai de participer ce matin au lancement du colloque d’Ecodiam.

Je considère, en effet,  que la création de cet éco-organisme répond à une impérieuse nécessité.

          Son statut relève d’un dispositif législatif que je connais bien puisque j’ai eu à le voter, en tant que parlementaire, dans le cadre des lois dites Grenelle de l’Environnement de 2009-2010.

          A cette époque, j’étais également, permettez-moi de le rappeler, Président du Conseil général et Président, depuis sa mise en place en Martinique, de l’Office Départemental de l’Eau. A ce double titre, je suivais bien sûr avec une attention toute particulière les problèmes de pollution de nos sols et de nos cours d’eau par les pesticides. D’autant que les conséquences environnementales et sanitaires commençaient à entrainer de vives réactions dans l’opinion.

          C’est ce qui m’avais conduit, entre autre, à créer le Laboratoire Départemental d’Analyse (devenu depuis LTA) en lui faisant obtenir les agréments pour doser les pesticides et à faire reconstruire l’usine de Vivé en la dotant de techniques de traitement particulièrement performantes par ultra filtration (au centième de micron) et charbon actif en poudre.

          Je ne pouvais donc que souhaiter la mise en place d’un éco-organisme dédié à la gestion des déchets issus des intrants agricoles, notamment des produits phytosanitaires. Et je ne pouvais qu’être favorable à ce qu’il soit soutenu par l’ODE.

          L’Office de l’Eau a, en effet, pour mission la préservation des ressources en eau ainsi que des milieux aquatiques et littoraux. Il est donc particulièrement concerné par la question de la pollution aux pesticides. Il intervient de plusieurs façons dans ce domaine :

  • 1°) En assurant le suivi et l’étude des pesticides dans les milieux aquatiques. 165 substances phytopharmaceutiques sont suivies dont seulement 22 sont imposées par la directive-cadre sur l’eau. Parmi les 40 molécules quantifiées en 2019, 20 sont interdites d’utilisation et 20 sont autorisées. Les plus retrouvées dans les rivières sont : la chlordécone  et le HCH (polluant historiques qui ont été utilisés pour lutter contre le charançon du bananier jusqu’en 1993) et le glyphosate qui est un herbicide interdit dès 2017 pour les professionnels et en 2019 pour les particuliers.
  • 2°) En participant aux instances nationales et locales du Plan Ecophyto et au Plan Chlordécone.
  • 3°) En assurant un accompagnement technique et financier d’actions visant à réduire l’utilisation de pesticides et protéger l’environnement. Plusieurs lignes de notre troisième Plan Pluriannuel d’Intervention y sont consacrées. Depuis 2015, l’ODE verse annuellement entre 100.000 et 300.000 € de subventions dans ce but. Il a ainsi apporté un soutien financier à l’APROMAR et à la Chambre d’Agriculture pour la collecte des stocks et déchets en 2013, 2015 et 2017.
  • 4°) En affectant la collecte de la redevance pour pollution diffuse (qui est due par les distributeurs de produits phytopharmaceutiques et assise sur les ventes de produits). Pour 2018, le montant de cette redevance s’est élevé à 116804 € (pour 54 tonnes de substance active).

S’agissant d’Ecodiam, l’ODE a tenu, en tant que partenaire, à l’accompagner financièrement dans la phase d’étude de préfiguration par le versement de deux subventions :

  • L’une, de 12000 € en 2015, destinée au lancement de l’étude de préfiguration de la filière pérenne de gestion des intrants agricoles en fin de vie en Martinique.
  • L’autre de 40000 €, pour la première année de préfiguration qui a permis de définir les statuts et les modalités de financement d’Ecodiam ainsi qu’un programme d’actions à mener.

Ecodiam est désormais en mesure d’assumer ses missions qui répondent bien sûr à des prescriptions  législatives françaises et des directives européennes, mais surtout à une très forte attente de nos concitoyens.

Il devra, en tout premier lieu, s’attacher à sécuriser la collecte des stocks et déchets de produits phytosanitaires. Mais il est souhaitable qu’à moyen terme, son activité parvienne, en mobilisant tous les soutiens financiers nécessaires, à s’étendre :

  • D’une part au traitement des stocks de produits phytopharmaceutiques non identifiables ;
  • d’autre part à la collecte et l’élimination des stocks et déchet de biocides et de produits vétérinaires.

Je suis en tout cas persuadé qu’Ecodiam va voir son activité monter très rapidement en puissance.

Et je veux, en terminant, souhaiter à son Président et à tous ses colorateurs et collaboratrices un plein succès dans les actions qu’ils vont entreprendre au service de notre environnement et la santé des Martiniquaises et des Martiniquais.

Ils peuvent être assurés que l’ODE saura assumer pleinement son rôle de partenaire et qu’il continuera à leur accorder tout son soutien.