Le Président inaugure le Centre d’Incendie et de Secours des Trois-Ilets

Allocution  de Monsieur Alfred MARIE-JEANNE,

Président du Conseil Exécutif de la Collectivité Territoriale de Martinique

Inauguration du Centre d’Incendie et de Secours

Vendredi 26 Janvier 2018

Trois-Ilets.

Monsieur le Préfet, Franck ROBINE,

Monsieur le Président de l’Assemblée de la CTM, Claude LISE,

Monsieur Le Maire des Trois-Ilets, Arnaud RENE-CORAIL,

Monsieur le Président du SDIS, Belfort BIROTA,

Monsieur le Directeur du SDIS, Colonel Patrick TYBURN,

Mesdames et messieurs les élus,

Mesdames, Messieurs,

Dès 2016, la Collectivité Territoriale a confirmé auprès du Service Départemental d’Incendie et de Secours, la poursuite des engagements du Conseil Général et du Conseil Régional qui l’ont précédée. Il est donc normal que nous nous retrouvions aujourd’hui pour l’inauguration du Centre d’Incendie et de Secours de la commune des Trois-Ilets.

Et c’est avec joie et satisfaction que je participe à cette cérémonie aujourd’hui.

Même si nous avons une bonne raison de nous réjouir, permettez tout de même que j’insiste sur quelques éléments de contexte.

Je rappelle simplement, qu’une décision fut prise antérieurement, qui engage la CTM pour un programme de construction de 12 casernements pour un montant global d’un peu plus de 30 millions d’euros. Ce programme bénéficie de l’appui de l’Etat, dans le cadre du Plan séisme à hauteur de 50% de son coût global, soit 14 millions d’euros.

L’enveloppe de 6,4 millions d’euros amenée par la Collectivité Territoriale, est augmentée par l’aide directe non estimée, que constitue la conduite des opérations par les services de la Collectivité sur l’ensemble des 12 sites.

  • Le Centre des Trois-Ilets que nous inaugurons aujourd’hui est la 1ère réalisation du programme. Il aura coûté au total un peu plus de 2 millions d’euros, si l’on considère la contribution totale de 861 261€ de la CTM (bâti et foncier).

Je rappelle également que dans le contexte budgétaire contraint qui est le nôtre actuellement, il devient difficile de dégager de nouvelles marges d’intervention. Aussi, pour mener ce programme à son terme, il faudra sans doute comprimer les coûts et ajuster les calendriers.

Le Centre que nous inaugurons ce jour a été livré en fin d’année 2017. Il aurait dû l’être en fin 2014 !

Le programme devait s’étaler sur trois exercices budgétaires, jusqu’où ira-t-on ? Quelles sont les raisons d’un tel retard ?

Il n’est ignoré de personne, que la Collectivité Territoriale de Martinique est impécunieuse.

Il convient donc, d’être à la fois prudent, vigilant et exigeant pour que le rendu de chaque euro investi, soit garanti et maximisé.

La Collectivité Territoriale assure au travers de dotations annuelles, le fonctionnement régulier de nombreux satellites. Elle ne saurait sans exigence, maintenir la même logique de renflouer systématiquement à chaque échouage. Elle ne peut davantage, compenser toutes les urgences consécutives aux défaut d’entretien.

Il est question aujourd’hui de Centre de secours, domaine crucial pour la population. Aussi bien en cas d’accident, qu’en cas de catastrophe.

La même problématique se pose, avec la même acuité pour d’autres domaines, qui doivent aussi faire l’objet de plan de maintenance, voire de reconstruction. Pour donner un seul exemple, celui de l’éducation. En particulier des collèges.

Je vous invite donc, à une vraie réflexion sur les conditions d’entretien et de maintenance des édifices et des équipements de la Collectivité.

Certes les conditions naturelles sont ce qu’elles sont sous notre latitude, mais l’obsolescence planifiée est trop rapide. Un effort sérieux doit être réalisé pour davantage de durabilité. C’est une responsabilité collective civique et politique qui nous échoit à tous !

Ce n’est pas qu’une question de budget !

Plus largement, à mesurer rétrospectivement le chemin parcouru, on peut faire le constat d’avancées importantes dans l’organisation des Services d’Incendie et de secours durant les trois dernières décennies.

  • Les années 90, ont été marquées par le renouvellement des générations et la professionnalisation.
  • Les années 2000, ont vu d’importants progrès se réaliser en terme d’équipement de renouvellement du matériel.
  • Les années 2010 concernent, la rénovation du bâti et l’organisation du maillage du territoire.

A chacune de ces grandes étapes, les collectivités ont été sollicités. Et particulièrement depuis la mise en place de la CTM, l’aide accordée au SDIS aussi bien pour parachever son programme d’investissement, que pour son fonctionnement, ne s’est pas démentie.

J’en rappelle quelques chiffres :

Années Montant Fonctionnement Montant Investissement Montant Total
2015 15 005 167 € 1 288 096 € 16 293 263 €
2016 18 038 822 € 1 576 521 € 19 615 343 €
2017 18 000 122 € 511 371 € 18 511 493 €

 

  • Pour les années 2020, vous anticiperez sans doute une nouvelle orientation stratégique.

Je peux vous suggérer, que ce soit celle de la rationalisation des moyens budgétaires, et de l’optimisation de la qualité des interventions.

Une option certes moins onéreuse, plus contraignante, mais ô combien nécessaire, à l’instar de ce que ce que j’ai pu constater de visu à la suite des cyclones Irma, José, Maria : La mise en perspective concrète du déploiement dans la Caraïbe pour secourir et protéger les populations.

Mesdames, Messieurs,

En guise de conclusion, quelques mots sur la coopération, pour laquelle vous connaissez mon engagement.

Je l’ai déjà fait ailleurs et en son temps, mais j’insiste encore ici et maintenant, pour féliciter les pompiers qui sont intervenus il y a quelques mois à Saint-Martin et à la Dominique.

Il nous faut renforcer nos moyens d’interventions à l’extérieur en appui aux pays de la Région. Etablir avec eux des conventions d’assistance réciproque, voilà un enjeu qui devra nous mobiliser pleinement. La Martinique a une initiative à prendre dans ce domaine, mais il faut prendre le temps de bien la concevoir. Elle ne saurait se limiter à des interventions d’urgence humanitaire. Il faut aller plus loin dans la montée en charge des capacités techniques et professionnelles mobilisées dans notre région Caraïbe. Nous prendrons prochainement l’initiative, d’approfondir cette question avec les partenaires qui le souhaitent.

Je vous le répète, je serai toujours à vos côtés pour venir en aide aux plus vulnérables et agir en solidarité dans le voisinage.

Mèsi an pil ! Mèsi an chay !

Alfred MARIE-JEANNE