Le Collège des Trois-Ilets devient le Collège Suzanne Roussi-Césaire

Alfred Marie-Jeanne, Président du Conseil Exécutif , Pascal Jan, Recteur de l’Académie de Martinique, Raymonde Lesel, principale et la communauté éducative étaient tous réunis ce jeudi 20 décembre aux Trois-Ilets pour la cérémonie de dénomination du Collège Suzanne Roussi-Césaire.

Une iléenne agrégée de lettres modernes

Suzanne Roussi-Césaire est née le 11 Août 1915, au lieu-dit « Poterie » aux Trois-Ilets en Martinique. Après unescolarité à Rivière-Salée puis à Fort-de-France, elle part faire ses études de Lettres à Toulouse puis à Paris et devient professeure agrégée de Lettres Modernes.

A paris, elle fréquenta Léopold Sédar Senghor, Léon Gontran-Damas, Gerty Archimède, les sœurs Nardal et Aimé Césaire qui devient son mari le 10 Juillet 1938. Ils auront 6 enfants.

De retour en Martinique en 1938, elle enseigne comme professeure de Lettres au collège technique à Fort-de-France.

Écrivaine française, elle fut co-fondatrice en 1941 de la revue « Tropiques ». Son style : négritude et afro-surréalisme. Elle lutte contre le colonialisme pendant la seconde guerre mondiale, sous le régime de l’amiral Robert.

A partir de 1946, elle cesse son activité littéraire pour se recentrer sur le militantisme politique et sa vie familiale à Paris, son mari étant devenu député. Ils finissent par se séparer en 1963.

Auteure en 1955 de la pièce de théâtre « Aurore de la Liberté ».

Elle décède le 16 mai 1966 (51 ans), d’un cancer, dans les Yvelines en France.

Une fresque en son hommage

Cette fresque  localisée à l’entrée du collège a été réalisée en 2017 par les élèves de la 3ème1 option Arts et Patrimoine afin de mettre en image et en texte la pensée de Suzanne Roussi-Césaire.

Il s’agit d’un immense puzzle qui représente l’unité du peuple Martiniquais. Il est constitué de plusieurs pièces dans lesquelles sont dessinées des cartes de Martinique mettant en valeur les différentes origines de ce peuple.

Sur la fresque, la flamme symbolise ses combats, ses convictions et le dynamisme de sa pensée. En effet, Suzanne Roussi-Césaire écrit des mouvements féministes. Et c’est aussi une communiste engagée.

Une militante de l’Antillanité

Suzanne Roussi Césaire, intellectuelle progressiste, femme engagée fut avant tout une militante de l’Antillanité. Nourrie par les mouvements de la Négritude et du Surréalisme, elle invitait le peuple martiniquais à mieux connaître ses racines, ce multiculturalisme dont il est issu, tissé par plusieurs peuples représentés sur la fresque :

  • Les Amérindiens figurés par des dessins de pétroglyphes;
  • Les Européens matérialisés par des bateaux et des cannes à sucre;
  • Les Africains évoqués par des masques et des cartes d’Afrique;
  • Les Indiens symbolisés par du madras et des mots hondous;
  • Les chinois désignés par le Ying et le Yang et des idéogrammes chinois;
  • Les Arabes représentés par une carte dorée et une inscription en arabe, sur fond de motifs inspirés des moucharabieh.

Elle invitait le peuple martiniquais à connaître et assumer son passé et ses origines car « Il est urgent d’oser se connaître soi-même, d’oser s’avouer ce qu’on est, d’oser se demander ce qu’on veut être » pour libérer cette énergie singulière car « cette terre, la nôtre, ne peut être que ce que nous voulons qu’elle soit ».