La Musique Martiniquaise et la Modernité

C’est au cours d’une soirée musicale à l’Hôtel de la CTM, le 21 juin 2018, date de la Fête de la musique, que la Collectivité a choisi de présenter le numéro 31 de la revue Les Cahiers du Patrimoine consacré au thème de La musique martiniquaise et la modernité.

La ligne éditoriale du Cahier du Patrimoine, fait de cette revue, un support de qualité qui valorise les richesses du patrimoine Martiniquais et crée une base exceptionnelle de contenus rédactionnels et d’illustrations. André Lucrèce, rédacteur en chef de la revue, nous dévoile quelques grandes lignes du contenu de ce numéro 31 sur la musique qui à n’en pas douter, est fort attendu du public.

Ce Cahier du Patrimoine, le numéro 31, est consacré à La musique martiniquaise et la modernité. Il s’agit de voir comment la poétique fondatrice de notre musique, sans renier ses sources et ses premières évolutions, va connaître une transformation, aujourd’hui on dirait une disruption, à partir des années 1960.

Les premiers grands disruptifs ont été Francisco et Marius Cultier. Ces deux musiciens inaugurent un cycle au moment même où la société martiniquaise se transforme dans ses structures. Nous quittons la période des casinos pour voir apparaître des boites de nuit et bientôt des paillotes qui accueillent des formations inédites.

C’est aussi à ce moment-là que surgissent des orchestres qui nous offrent le meilleur de leur art, formations parmi lesquelles Malavoi et Fall Fret nous proposent une musique d’écoute, ce qui n’existait pas auparavant, tandis que Kassav, que l’on vient aussi écouter au concert, propose une musique dite de zouk avec une instrumentalisation marquée du sceau de la modernité.

Dans ce numéro, nous avons voulu rappeler l’apport d’un certain nombre de musiciens et chanteurs qui sont tout le contraire de l’impersonnalité : Géno Exilie, Max Ransay, Paulo Rosine et Bib Monville. Ce dernier a enrichi le groupe fantastique qui émergea et s’imposa dans le domaine du jazz : le groupe Fal Frett des frères Bernard. A ceux-là s’ajoutent les groupes originaux comme La Maafia de Jean-Michel Cabrimol, La Perfecta et plus récemment Victor O avec ses sonorités marquée par une lascivité zoukante.

Enfin, nous terminons par ceux dont l’intuition musicale tend vers l’imprévisible de la modernité, Edmond Mondésir et son bèlè moderne, Ronald Tulle et ses élévations, Tony Chasseur et ses baisers salés, Mario Canonge et sa virtuosité diabolique, ces derniers s’étant produit à Biguine Jazz, concept auquel nous avons consacré deux articles.