Femmes de par le monde, une exposition d’André Maire

Le Musée d’Histoire et d’Ethnographie présente du 26 mai au 8 septembre 2018, l’exposition Femmes de par le monde, l’éloge pictural d’André Maire à la beauté et au travail des femmes.

Les femmes à travers leur beauté, leur vie quotidienne laborieuse, leur maternité

L’exposition qui est présentée, met en valeur les grandes qualités d’humaniste d’André Maire et notamment sa perception des femmes à travers leur beauté, leur vie quotidienne laborieuse, leur maternité. Fugitives à ses débuts, ses œuvres italiennes en apparaissent çà et là, telles des ombres enveloppées de mystère dans de grands châles noirs, elles vont se faire de plus en plus présentes dans son œuvre artistique qui prend valeur ethnographique.

Le public est donc convié à son cheminement artistique au cours de ses différents voyages, en Egypte, au Vietnam, au Cambodge, au Laos, à Madagascar, en Martinique.

André Maire a ainsi bâti « une iconographie du rêve et de l’évasion dans les compositions graphiques tout à la fois très personnelles et respectueuse des civilisations et des sites visités ».

C’est au début de sa carrière, sous la férule de son mentor Emile Bernard, que ce grand artiste a inscrit sa démarche dans l’esthétique de l’époque inspirée par sa formation : celle de peintre de décors. Ses grands panneaux au fusain, rehaussés de sanguine, ses toiles monumentales, ses grandes sépias sur Venise, procédé peu connu, le feront connaître du grand public au travers de ses perspectives architecturales audacieuses.

Cette exposition a pu être réalisée, grâce aux prêts généreux de tableaux et dessins de la fille d’André Maire, le docteur Loredana Harcoet-Maire et de sa petite-fille, Marie-Laure Torrez car des dizaines de croquis et dessins seront ramenés par l’artiste dans sa Bourgogne natale.

La Martinique comme inspiration 1968-1969

En 1968, âgé de 70 ans, André Maire, reçoit un prix lui décernant la bourse de la Martinique.Il effectue ce voyage avec sa femme et décide de loger dans une petite pension de famille du sud caraïbe. Il a peut-être une idée de l’île à travers les peintures de Gauguin, compagnon de jeunesse de son maitre Emile Bernard. Surement a-t-il vu les peintures des artistes qui y ont séjourné , lors de sa participation aux expositions du Cercle de la France d’outre-mer, et, de l’Agence des Colonies.

La Martinique, en 1968, conserve encore intacts des pans de son passé traditionnel, et c’est cette authenticité qu’il veut toucher du doigt en la recherchant dans ces petits villages du Diamant et des Anses d’Arlet. Le pays fascine le visiteur par la diversité de ses paysages sur une aussi petite superficie. André Maire, certes, n’y retrouve pas l’écrasante magnificence tropicale de ceux d’Asie, d’Afrique ou Madagascar qu’il a connus lors de ces précédents voyages et reproduit dans ses œuvres.

Il découvre par contre une immense douceur dans les mornes plantureux qu’il peint avec une palette de verts profonds pour les pentes luxuriantes, de jaunes éblouissants pour les savanes brûlées par le soleil ardent du carême, contrastant avec les bleus délavés du ciel et ceux plus soutenus de la mer caraïbe qu’il laisse apparaître dans des trouées.

Il traduit l’exubérance de la végétation dans le foisonnement végétal des jardins caraïbes où poussent arbres à pains, manguiers et bananiers. Comme en Afrique, où l,animisme est omniprésent, il empreint de mystère et de « force dramatique », les grands arbres réputés magiques aux Antilles tels le fromager. Il choisit le cocotier comme l’arbre symbolique unissant le ciel et la terre « en lançant sa silhouette élancée à la rencontre des cieux… développant encore et encore toujours sa valeur de la verticalité ».